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MÉCANIQUES DU POUVOIR

Dix fragments sur les mécaniques du pouvoir

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« Certains livres dérangent. Celui-ci fait pire : il éclaire. »

Dr Marc Schaffner — Préface du Codex de la Manipulation

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CORPUS CENTRAL

Le Codex de la Manipulation

Traité approfondi des mécanismes de contrôle

Psychologique · Social · Institutionnel

Couverture du Codex de la Manipulation par Jerem Maniaco

« Voir les barreaux ne suffit pas à ouvrir la cage.
Mais c'est la première condition. »

Trente ans d'observation dans les coulisses de la nuit européenne.

Cent techniques de manipulation décryptées.

Un seul objectif : vous donner les clés pour comprendre.

Du pervers narcissique au gourou sectaire, du neuromarketing à la propagande politique, du gaslighting au trauma bonding — ce traité cartographie l'ensemble des mécanismes de contrôle qui façonnent nos vies.

Ce n'est pas un manuel de manipulation.
C'est une carte pour ne plus se perdre.

PRÉFACE
L'anatomiste des ombres

« Le moi est un rapport se rapportant à lui-même1. » Voilà un point de départ radical et un excellent fondement d'un égoïsme, voire d'un solipsisme méthodologique, nécessaire à toute manipulation. Si l'individu n'est pas hermétique à l'autre et auto-centré, au moins momentanément, il n'a aucune appétence pour la manipulation. Celle-ci passe par une réification de l'autre au profit du moi qui nie l'altérité d'autrui et son importance, elle-même reléguée au second plan. Le moi s'inscrit dans une prédominance plutôt que dans l'égalité et le respect de l'altérité. Je vaut plus que Tu et encore bien plus que Vous tous. Rien n'est plus important que le Moi, comme l'égoïste stirnérien l'apprend avec un réalisme désarmant au lecteur de L'Unique et sa propriété. Le champ des possibles de la manipulation est immense, depuis le pathologique jusqu'au parfaitement délibéré et conscient, en passant par les petites interactions quotidiennes.

Certains livres dérangent. Celui-ci fait pire : il éclaire. Ce qu'il révèle, les bien-pensants auraient préféré l'ignorer. Le Codex de la Manipulation cartographie des territoires que la bonne conscience collective maintient délibérément dans l'ombre — non par ignorance, mais par prudence ou par lâcheté consensuelle. Si son objet peut paraître assez peu original, sa profondeur et son approche sont pourtant remarquables, dans le but, notamment anthropologique, de permettre au sujet philosophique de se libérer de toutes les entraves mondaines. En effet, nommer les mécanismes du contrôle, c'est déjà commencer à s'en affranchir.

Jerem Maniaco n'est pas un théoricien de cabinet. Trente ans passés dans les coulisses de la nuit européenne lui ont donné ce que l'Académie peine à offrir : l'observation directe des mécaniques du pouvoir là où elles s'exercent sans fard. Berlin, Paris, Londres, Strasbourg — autant de laboratoires où les masques sociaux tombent après minuit, où les stratégies de domination se révèlent dans leur nudité première et où les êtres humains deviennent d'excellents objets d'étude. Cette expérience empirique, l'auteur l'a confrontée à la littérature scientifique avec une rigueur qui force le respect. Milgram, Kahneman, Cialdini, Foucault, Hare, les grandes figures de la psychologie sociale et de la philosophie du pouvoir sont convoquées, non comme arguments d'autorité, mais comme points de triangulation pour vérifier ce que l'observation avait suggéré.

Le résultat est un traité au sens classique du terme, soit une tentative de saisir un phénomène dans sa totalité, de l'organiser en système, d'en dégager les lois. Les Sept Lois Fondamentales que propose Maniaco ne prétendent pas à la certitude des lois physiques. Ce sont des régularités statistiques, des tendances lourdes inscrites dans l'architecture cognitive de l'espèce. Leur pouvoir explicatif est cependant redoutable.

La taxonomie qui structure le Codex — des manipulations interpersonnelles aux manipulations géopolitiques, du pervers narcissique aux coups d'État modernes — révèle une ambition totalisante, mais avec des notions toujours ouvertes et possiblement évolutives. Tout y passe : la famille, l'entreprise, le marché, les médias, la politique, les sectes, la finance, l'éducation, la médecine, le sport, la religion. Aucun domaine de l'existence sociale n'échappe à la cartographie.

Cette exhaustivité pourrait sembler excessive. Elle ne l'est pas. En effet, la thèse centrale du Codex — et c'est là que l'ouvrage quitte le terrain de la vulgarisation pour celui de la philosophie — est que la manipulation constitue l'infrastructure ordinaire des rapports sociaux. Non pas une pathologie, mais une norme. Non pas l'exception des monstres, mais la règle des institutions. À défaut de dénoncer la manipulation, il convient donc d'apprendre à vivre avec, à l'instar de l'égoïsme stirnérien comme moteur de toute existence humaine.

Cette thèse résonne avec certaines intuitions de la tradition philosophique allemande. Stirner dénonçait les fantômes qui asservissent l'individu, ces abstractions sacrées auxquelles nous sacrifions notre singularité. L'autorité, le consensus, la réciprocité : autant de piliers de la vie sociale que le Codex révèle comme leviers exploitables. Sade documentait les mécanismes de la cruauté avec une précision clinique qui scandalisait ses contemporains par le meurtre et la pornographie. Maniaco procède de même, sans toutefois recourir à l'horreur littéraire. Cette conviction épistémologique est partagée : on ne peut combattre ce qu'on refuse de comprendre. L'occultation morale est une forme de complicité passive. Kierkegaard théorisait l'angoisse comme vertige devant la liberté. Le Codex documente l'angoisse inverse : le vertige devant l'illusion de la liberté. Nous nous croyons libres parce que nous ignorons les fils qui nous tirent. La lucidité que propose Maniaco est kierkegaardienne en ce sens qu'elle est irréversible. L'homme éclairé ne peut plus retourner dans la caverne.

Faut-il craindre qu'un tel ouvrage serve de manuel aux manipulateurs en puissance ? L'auteur répond par avance à cette objection : « Les manipulateurs finissent seuls. Le pouvoir qu'ils exercent sur les autres est inversement proportionnel à la qualité de leurs relations. Ils gagnent des batailles et perdent ce qui compte vraiment. » Le Codex n'est pas une arme, c'est un bouclier. Un bouclier forgé dans la connaissance, destiné à ceux qui ont subi sans comprendre, à ceux qui répètent des schémas sans les voir, à ceux qui veulent enfin nommer ce qu'ils sentaient confusément depuis toujours.

« La connaissance ne libère pas automatiquement, mais l'ignorance condamne à répéter. » Cette phrase, qui résume l'éthique du Codex, pourrait servir d'épigraphe à toute entreprise philosophique digne de ce nom. Il s'agit là d'une opportunité de casser les schémas comportementaux et d'apprendre — enfin ! — de nos erreurs.

Jerem Maniaco a écrit le livre que personne n'osait écrire. Non par provocation, mais par nécessité, parce que l'époque l'exige et parce que les techniques de manipulation ont atteint un niveau de sophistication industrielle — algorithmes, neuromarketing, guerre de l'information — qui rend l'ignorance plus dangereuse que jamais.

Le lecteur qui s'engage dans ce traité n'en sortira pas indemne. Ses illusions sur la spontanéité de ses choix, sur l'authenticité de ses émotions et sur la neutralité des institutions qui l'encadrent seront méthodiquement déconstruites. Ce qui restera, au bout du parcours, c'est une lucidité nouvelle, inconfortable, peut-être, mais incomparablement plus libre que l'aveuglement qu'elle remplace.

« Voir les barreaux ne suffit pas à ouvrir la cage, mais c'est la première condition. » Le Codex de la Manipulation montre les barreaux. À chacun, ensuite, de décider ce qu'il fait de cette connaissance. Libertin de Sade, égoïste de Stirner et séducteur de Kierkegaard peuvent dès lors être appréhendés avec un nouvel appareil conceptuel.

1 Søren Kierkegaard, Le Traité du désespoir, 1849.

Dr Marc Schaffner
Docteur en Philosophie
Université de Strasbourg
Janvier 2026

75 000 mots
114 chapitres
XIX livres

70+ auteurs référencés · 40+ études citées

Sortie : 23 mars 2026

J−… En préparation finale

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